Bonjour,
Aujourd'hui pas de scrap, j'ai écumé toutes les pages que j'avais en réserve à vous montrer et l'envie de scrapper ces derniers jours n'y était pas, remplacé par l'inquiétude de voir l'état de
santé de mon cher papa se dégrader.
En 2004, on a diagnostiqué à mon père, 47 ans à l'époque, une leucémie aiguë. Il avait très peu de chance de s'en sortir, il a eu de multiples chimio avec des longues hospitalisations, il
subissait 3 semaines de chimio et était en chambre stérile, puis il rentrait chez lui 3 semaines, et rebelotte, chimio , maison.. ceci a duré plus de 4 mois, je l'appelais tous les jours et
autant dire que c'etait guere joyeux et entendre son pere au bout du fil en pleurs c'était très dur. Mais il s'est battu, a créé par l'intermédiaire d'internet un faisceau d'ondes positives et en
2006 les medecins lui ont annoncé qu'il etait en rémission totale. Quel soulagement !
L'an dernier à Noël, mon père est venu voir Eloïse qui venait d'ariver dans nos vies, mais se sentait très fatigué, ne tenait quasiment pas debout.. pour un colosse de 100kg c'etait bizarre à
voir lui qui est "solide" comme un roc... Il est rentré tant bien que mal chez lui et est allé voir son medecin traitant. Ils ont fait plusieurs examens et les résultats sont tombés en
février mon père a développé un myélodisplasie, visiblement une conséquence peut être de son traitement pour la chimio qui lui a sauvé la vie quelques années plus tôt.
L'hématologue a annoncé à mon père qu'il avait besoin d'une greffe de moelle et qu'il le mettait donc en urgence sur la liste pour les greffes. Mon père est alors mis en arrêt maladie, un choc
terrible pour lui qui adorait son travail, qui aimait se lever pour aller à son bureau mais il devait prendre des médicaments pour le préparer à la greffe et qui affaiblissait son immunité, il
devait donc faire attention au contact qu'il pouvait avoir car un simple rhume pouvait se transformer pour sa part en catastrophe.
Mon père a donc relancé le faisceau d'ondes positives via internet et même mes scrap z'amies du forum ont organisé une chaine pour lui envoyer une carte de soutien par jour, geste que je
n'oublierais jamais de leur part, puisque celà lui a apporté beaucoup de joie. Mon père aimait envoyer des mails, plusieurs par jour parfois, qui remplissaient nos boites et nous faisait grincer
des dents, mais c'était sa façon à lui de se raccrocher à la société.
En juillet enfin, après plusieurs greffes supposées mais qui n'ont pas abouti, l'hématologue annonce à mon père qu'une greffe lui sera pratiqué à partir de cordons ombilicaux de bébés, plus
fiable et moins sensible au rejet.
La date est fixée et un protocole est mis en place, mon père doit rentrer à l'hopital le 26 septembre pour subir deux chimiothérapies qui vont enlever toute la moelle défaillante, puis doit subir
une greffe le 6 octobre.
Les chimios ont lieu et contrairement aux précédentes, le corps de mon père a eu beaucoup de mal à le supporter. La greffe a lieu dans la foulée et nous attendons impatients les résultats un mois
plus tard.
Entre temps, nous rendons visite à mon père en chambre stérile avec blouse, surchaussures, masque et interdiction de le toucher, très frustrant car mon père adorait nous serrer fort dans ses
bras. Mais puisque c'était pour son bien, nous nous y tenions. Mon père également développe énormément d'effets secondaires plus ou moins gênant et l'hématologue "s'amuse" à lui dire qu'il lui
aura tout fait.
Début novembre, la greffe a pris, nous sautons de joie, les médecins commencent à préparer sa sortie en remplaçant les perfusions par des médicaments oraux. Nous sommes soulagés, mon papa va
sortir, il sera là pour le week end d'anniversaire de sa petite fille. Il ne reste plus qu'à régler un problème de cystite hémorragique.
Néanmoins la cystite hémorragique ne veut pas passer et fatigue énormément mon père, la sonde qu'il doit porter, lui met les nerfs à vif, il ne la supporte pas... mais nous encourageons mon
père.. "Allez papa, tu as fait le plus dur, plus que quelques jours et ce sera bon.."
Fin novembre, premier coup dur, mon père est amené en réanimation pour une insuffisance cardiaque, il y reste quelques jours, il part ensuite au service de néphrologie, puis retourne dans son
service d'origine en hématologie. On y croit...
Deux jours plus tard, il repart en réanimation,le 7 décembre, ils ont détecté une infection au niveau des poumons, les médecins nous annoncent qu'ils sont obligés de le mettre dans un coma
artificiel afin de l'intuber pour l'aider à respirer en attendant de le soigner.
Sa cystite est encore là samedi quand je passe le voir et les premiers résultats sur ses prélévements sur les poumons n'ont rien donné, on attend.
Dimanche, quand je retourne le voir, l'encourage à continuer de se battre, la cysite semble s'être arretée, on a de l'espoir, mais on nous annonce que les reins ont pris un coup, il doit être mis
sous dialyse.
Lundi son état s'aggrave encore, les médecins l'amenent au bloc opératoire car il a un problème au colon. Son coeur tient, il est fort mon papa.
Mardi les nouvelles ne sont toujours pas bonnes.
Mercredi 14 décembre, sa femme m'appelle, si son état s'aggrave encore les médecins ne pourront plus rien faire.
Je décide alors de monter dans le premier train pour les rejoindre. J'arrive à 14h à Lyon, ma belle mère et mes soeurs me rejoignent sur le quai de la gare et nous partons à l'hôpital. Nous
demandons à voir notre père, l'infirmière nous dit qu'elle doit changer la dialyse, qu'elle revient nous chercher d'ici 30 minutes. Après 45 minutes, elle revient nous chercher accompagner d'un
médecin et d'une autre infirmière, nous avons compris... Le médecin a décidé d'arrêter les soins, ils ont fait leur maximum, l'état de santé de mon père ne fait que s'aggraver.
On nous propose donc de veiller mon père et c'est ce que nous voulons.
Mon papa nous a donc quitté le 14 décembre 2011 à 21h50, après une bataille acharnée contre la maladie, dont il avait toujours combattu avec beaucoup de courage. Il avait 54 ans.
Depuis sa leucémie en 2004, il militait pour les actions de l'association Laurette Fugain. Il menait plusieurs combats, espèrait un monde meilleur
pour ses enfants et petits-enfants. Il n'a jamais perdu espoir, il croyait en la vie.
Il aimait écrire, nous faire partager ses pensées avec humour et parfois décalage et je me devais aujourd'hui de lui rendre hommage par ce texte.
Il suivait ce blog, il aimait à dire que j'avais hérité de son côté artistique. Mon père a eu une période où il peignait.
Il nous aimait, il nous le montrait, il aimait à nous demander si il y avait deux papas comme lui et on aimait lui répondre que non.
Mon papa va terriblemment me manquer.
Je pense à sa femme, qu'il chérissait..
Je pense à leur fille, qui n'a que 14 ans et qui à présent va devoir faire ses armes sans mon père.
Je pense à ma soeur, qui se marie dans 5 mois et que mon père devait accompagner à l'église.
Je pense à ses petits enfants, qu'il ne verra pas grandir et dont ils auront très peu de souvenirs de lui
Je pense à sa maman qui est partie le 21 juin dernier et qu'il est allé rejoindre
La vie doit continuer hélas, c'est ce qu'il aurait voulu. Sa vie à lui continuera dans nos coeurs.
En cette fin d'année difficile pour moi, je vous souhaite néanmoins de bonnes fêtes de fin d'année, profitez des gens que vous aimez, dites le leur, ne repoussez pas au lendemain ce que vous
voulez faire pour leur faire plaisir.
Je ne quitte pas ma table de scrap car mon père m'en aurait interdit mais je vais laisser passer un peu la douleur que j'ai au fond de moi avant d'y retourner.
A très bientôt
Sophie